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Former des fermiers à l’agriculture biologique dans les townships en Afrique du Sud

Romain GIACOMOBONO, élève-ingénieur en 4e année à l’ISARA-Lyon a effectué un stage de 3 mois en Afrique du Sud au milieu des townships. Il nous explique l’objectif de son travail au sein de l’association « Abalimi Bezekhaya» ou « les fermiers de la maison ».

Comment as-tu trouvé ce stage ?
J’ai souhaité partir à l’étranger à la fois pour parfaire mon anglais et pour axer mon stage en « développement territorial grâce à l’agriculture ».
Je me suis renseigné auprès de l’association GéCo-GLEN (Génération Coopération – Global Education Network) qui est un programme européen d’éducation à la citoyenneté mondiale, à travers la mobilité internationale. Les participants partent pour des stages de 3 mois sur des projets locaux de développement, en binômes européens.
Géco-GLEN m’a donc proposé un stage à Cape Town en Afrique du Sud en binôme avec Lena, étudiante allemande en Arts visuels.

Quelques mots sur l’association, ses missions…
Les townships de la ville de Cap Town sont en grande partie peuplées par des réfugiés économiques issus de l’apartheid. Les nouvelles arrivées sont évaluées à 1 200 familles par mois et 30 à 40% d’entre eux sont chômeurs. « Abalimi Bezekhaya » s’efforce de donner aux personnes défavorisées du travail mais aussi la possibilité de se nourrir correctement chaque jour.
Par l’intermédiaire du jardinage urbain et des micro-projets agricoles, l’organisation vise à réduire la pauvreté et la famine en donnant les moyens aux familles de produire la nourriture de subsistance et créer du travail par la production d’aliments, avec des méthodes biologiques ainsi que par la plantation de la flore indigène dans des jardins communautaires. Au total en 2015, « Abalimi Bezekhaya» fait vivre plus de 5 000 fermiers.

Peux-tu nous décrire ton quotidien de stagiaire dans les townships ?
L’association se trouve au milieu des townships à 30 km de Cape Town, là où je logeais. La première fois que j’ai fait ce trajet, j’ai été très surpris de voir des bidonvilles à perte de vue sur des dizaines de kilomètres.
Rob SMALL, le fondateur de l’association, nous a demandé de travailler avec mon binôme, sur une Newsletter (Print & Web) afin de diffuser des informations afin de faire connaitre l’association. Lena qui est très créative et très inspirée par l’image a « pris à bras le corps » cette mission.

De mon côté, j’ai tout de suite été attiré, de fait de mon cursus scolaire, par le travail sur le terrain, dans les parcelles auprès des agriculteurs. Les premiers temps, je formais les fermiers à l’agriculture biologique dans les jardins en leur montrant comment produire des aliments sains et surtout produire plus que les simples besoins de subsistance.
J’ai testé ensuite, sur certaines parcelles, des nouvelles pratiques agricoles : comment concilier une partie élevage avec la production végétale, produire plus de compost, mieux protéger les parcelles dans conditions environnementales, etc.

En 3 mois, j’ai pu produire un rapport complet et des propositions concrètes qui englobent toutes les contraintes et les problématiques de ces pratiques agricoles. Les tests de terrain que j’ai tout juste eu le temps de démarrer ont été repris par Damien, un élève-ingénieur à l’ISARA-Lyon. Il poursuit mon travail dans le cadre de son stage qu’il effectue là-bas.
Et enfin, je me suis investi dans un autre projet « Harvest of Hope » lancé en 2008 par l’organisation suite à une demande des fermiers. L’idée a été de créer un « social business » en vendant sous forme d’AMAP la surproduction de certains jardins. J’ai donc aidé à la mise en place et la distribution des paniers.

Le mot de la fin ?
Ce stage m’a permis à la fois de bousculer mes habitudes, de découvrir un pays inconnu et de s’adapter aux US & Coutumes mas aussi et surtout de faire des rencontres uniques.
Avec mon binôme Lena, nous avons pu suggérer de nouvelles idées pour pouvoir récolter plus d’argent et améliorer ainsi le quotidien de tous ces gens. Nous avons d’ailleurs imaginé un concept dont nous sommes très fiers et qui a été mis en place : « Meet, Pick and Cook ».
A Cape Town, un hôtel de luxe à qui on livrait des paniers AMAP a été très intéressé lorsqu’on leur a suggéré l’idée de faire visiter à leurs clients, les jardins des townships où sont produits les aliments consommés par eux.
Les clients qui le souhaitent peuvent aller en excursion payante visiter les jardins, récolter des légumes et les cuisiner dans la cuisine de l’hôtel et cela permet aux fermiers des rémunérations supplémentaires chaque mois. C’est comme ça qu’à débuter les « Meet, Pick and Cook » !
Tout savoir sur « Abalimi Bezekhaya »