Manatsu, une étudiante japonaise engagée : quand nutrition rime avec durabilité
Une passion pour la nutrition et la durabilité
Manatsu ICHIKAWA, étudiante en quatrième année de licence à l’Université d’Agriculture de Tokyo, suit un cursus approfondi en sciences de la nutrition. Son parcours couvre de nombreuses disciplines : anatomie humaine, effets des aliments sur l’organisme, nutrition des compléments alimentaires et recherche sur l’umami, cette cinquième saveur emblématique de la gastronomie japonaise.
L’objectif de sa formation ? Former des experts capables d’améliorer les habitudes alimentaires et de contribuer à la santé publique.
Dans cette démarche, Manatsu a choisi de rejoindre l’ISARA pour enrichir son parcours et approfondir sa compréhension des enjeux liés à la durabilité. Elle a suivi le cours Sustainable Development in the Food Industry (Développement durable dans l’industrie alimentaire), où elle a découvert les concepts de gestion d’entreprise, sécurité alimentaire et contrôle qualité sous un prisme français.
Dans ce témoignage, elle partage son expérience à l’ISARA et son ambition de devenir une spécialiste de l’alimentation.
Pourquoi avoir choisi ISARA pour ton échange académique ?
J’ai choisi l’ISARA pour contribuer à la construction d’une société plus durable à l’échelle mondiale. La France est un pays en avance sur ces enjeux et l’ISARA, spécialisée en agriculture, alimentation et sciences de l’environnement, est sous contrat avec le Ministère de l’Agriculture français. Je voulais y étudier la gestion d’entreprise, la sécurité alimentaire et le contrôle qualité, avec une perspective française.
Un autre aspect qui m’a poussée à choisir la France est l’organisation du travail. Au Japon, les longues heures de travail ont un impact sur la croissance économique et la démographie. J’étais curieuse de découvrir les réformes du monde du travail français.
L’industrie agroalimentaire japonaise fait face à des défis tels que la contraction du marché due au déclin démographique et une forte concurrence sur les prix. Je pense que l’expansion internationale et la réforme du travail sont des solutions clés. Grâce à ce cours, j’ai pu explorer des modèles d’affaires durables, la gestion environnementale et des approches managériales prenant en compte les parties prenantes.
Enfin, j’avais à cœur d’élargir ma vision du monde en échangeant avec des étudiants de différentes nationalités, et ce programme d’échange représentait une formidable opportunité.
Un accueil chaleureux et une intégration facilitée

Comment s’est déroulé ton intégration au sein de l’école ?
Avant mon arrivée, l’école m’a envoyé par e-mail des instructions détaillées sur le logement et les démarches d’assurance. La semaine d’intégration organisée avant le début du semestre, m’a permis de participer à divers événements tels que des visites de la ville de Lyon et des pique-niques pour favoriser les échanges entre étudiants internationaux. Concernant l’apprentissage du français, des cours étaient proposés pour tous les niveaux, du débutant à l’avancé, avec une approche pédagogique complète.
Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est la gentillesse de mes camarades du programme SDFI. Malgré mon anglais imparfait, ils prenaient le temps de m’écouter avec patience, m’invitaient à sortir et me soutenaient. J’ai vraiment ressenti une atmosphère humaine et accueillante.
Une pédagogie participative et professionnalisante
Comment as-tu trouvé la pédagogie de l’ISARA par rapport au Japon ?
L’une des grandes différences que j’ai observées est la manière dont les cours sont dispensés. Au Japon, l’enseignement repose principalement sur des cours magistraux spécialisés. Il existe bien des travaux pratiques en cuisine ou en laboratoire, mais ils sont très encadrés.
À l’ISARA, j’ai été surprise par une approche centrée sur les étudiants. La majorité des enseignements repose sur des travaux de groupe où nous devons nous organiser, planifier et proposer des solutions. Nous avons réalisé des simulations de gestion de crise, des projets en entreprise et travaillé sur des cas concrets.
Par exemple, pour analyser l’efficacité de production dans les entreprises agroalimentaires ou étudier des méthodes durables via l’analyse du cycle de vie, nous devions nous organiser nous-mêmes, établir un planning, organiser des réunions et proposer des solutions, reproduisant ainsi les défis du monde professionnel.
L’ISARA accorde aussi une grande importance aux compétences en présentation : concevoir des diapositives claires, projeter sa voix et établir un contact visuel sont des compétences clés. Enfin, j’ai remarqué que les étudiants de l’ISARA étaient plus enclins à exprimer leurs opinions que les étudiants japonais. Leur engagement m’a souvent inspirée et j’ai réalisé l’importance d’adopter une attitude proactive.
As-tu eu l’opportunité de travailler sur des projets concrets avec des entreprises ?
Nous avons mené cinq projets de groupe, par exemple : l’analyse du processus de production du chocolat afin d’améliorer la sécurité, l’efficacité et la durabilité ; une étude de cas sur un enjeu économique ou social d’entreprise ou la rédaction d’un article de recherche sur un sujet lié à l’empreinte environnementale et les aspects nutritionnels des régimes omnivores et végétariens en Europe.
Nous avons travaillé également sur un cas réel d’entreprise avec l’analyse de son système de gestion de l’hygiène basé sur la méthode HACCP. Nous avons pu proposer des améliorations. Grâce aux contacts de notre professeur, nous avons également collaboré avec des étudiants américains de l’Iowa sur la durabilité des viandes animales et leurs alternatives.
J’ai été impressionnée par la diversité des interactions, non seulement avec les étudiants de l’ISARA, mais aussi avec des partenaires extérieurs. Dans le cadre du projet en entreprise, nous avons visité une usine pour observer les méthodes de production et eu des réunions hebdomadaires avec des représentants de l’entreprise. Ils nous considéraient comme de véritables collaborateurs, ce qui témoigne de la confiance accordée aux étudiants de l’ISARA et la qualité de la formation.
Une vie étudiante riche en découvertes

Pendant mon temps libre, j’ai découvert Lyon et la culture française avec mes amis. J’ai particulièrement apprécié les repas dans le Vieux Lyon, la Fête des Lumières et même un voyage à Marseille. Ce qui m’a marquée, c’est la culture des terrasses. Au Japon, les gens mangent surtout à l’intérieur, tandis qu’en France, il est courant de voir des terrasses bondées même lorsque les salles sont vides.
J’ai aussi été fascinée par l’architecture historique et l’équilibre entre nature et urbanisme à Lyon, qui crée une atmosphère chaleureuse et paisible.
Un bilan riche sur tous les plans
Quels apprentissages retiens-tu de ton séjour à l’ISARA ?
J’ai acquis des compétences en gestion et durabilité, progressé en anglais et gagné en confiance en moi. Mais, j’ai surtout appris à m’ouvrir aux autres cultures. Un moment marquant a été une présentation où mes camarades m’ont encouragée à parler avec confiance. Ce soutien m’a fait comprendre qu’il faut oser et faire de son mieux.
Merci à l’ISARA et à toutes les personnes qui ont rendu cette expérience inoubliable !