Que se passe-t-il dans les sols quand les agriculteurs bios arrêtent de labourer ?

Des essais agronomiques sur le long terme prennent toute leur importance quand on analyse le sol en profondeur.

Des chercheurs de l’ISARA et d’un réseau européen coordonné par le FibL (Suisse), se sont posés une question :  que se passe-t-il quand les agriculteurs bios arrêtent de labourer leur sol ? 

Dans le cadre d’un travail conjoint, ils ont échantillonné 9 sites expérimentaux en Europe et évalué l’effet d’un travail du sol peu profond, comparé à un labour sur le stockage du carbone.

Le stock de C s’enrichit dans l’horizon de surface, quelle que soit la situation considérée, ce qui préserve de l’érosion des sols et accélère l’infiltration de l’eau. 

Toutefois, dans l’horizon anciennement labouré et juste dessous (de 15 à 50 cm de profondeur), le stock de C diminue dans la plupart des sites.

Ainsi, l’addition des stocks de C montrent en moyenne, une augmentation de 90 kg de C par hectare et par an sur les premiers 50 cm de sol, avec toutefois une variabilité entre sites.

Combiner la réduction du travail du sol et l’agriculture biologique est ainsi un outil pour prendre soin de nos sols, certes avec un faible potentiel d’atténuation du changement climatique, mais une opportunité de mieux s’y adapter !

Plus de détails sont disponibles dans un article récemment publié en accès libre et en anglais “Reduced tillage in organic farming affects soil organic carbon stocks in temperate Europe” dans le journal Soil & Tillage Research.

L’équipe de chercheurs de l’Isara qui travaille sur le sujet :

  • Joséphine Peigné, enseignante-chercheuse en agronomie et responsable de l’Unité de recherche Agroécologie et Environnement.
  • Thomas LHUILLERY, technicien expérimentation terrain et métrologie